Près de 130 millions d'habitants dans tout le pays, une capitale parmi les premières en superficie et en population... Avec ça, on pourrait penser qu'il est difficile de se sentir seul au Japon, mais comme le dit si bien la fin d'un haiku : "et pourtant, et pourtant"...

Physiquement seul, on arrive en fait facilement à l'être, partout, n'importe où, même en plein centre-ville : il y a toujours un endroit sorti de nulle part où règne la tranquillité, plus ou moins caché du tumulte environnant. Mais là où les Japonais ne donnent pas l'impression d'être "seuls", c'est dans leurs réactions. Je m'explique...

Au moindre élément improbable, imprévu, un brin risqué ou simplement potentiellement déroutant pour le passant, il y aura toujours une "armada" d'employés prodiguant maints conseils face au "danger". La plupart du temps, le comportement à adopter aura beau tomber sous le bon sens, on n'y échappera pas... =roll=

Des travaux sur le trottoir!? La trentaine de panneaux lumineux ne suffira pas, il faudra encadrer le tout de quelques ouvriers armés de leur matraque "Dark Vador" qui vous indiqueront le plus humblement du monde et avec toutes les excuses possibles qu'il vous faudra bien vouloir emprunter le petit détour aménagé temporairement... à 50cm de là... (des fois que vous ne l'auriez pas vu)... =huh=

Une voiture qui sort du parking sous-terrain d'un centre commercial!? Pas moins de cinq personnes seront nécessaires : deux pour vérifier chaque sens de circulation des véhicules dans la rue, deux également pour prier les passants de bien vouloir s'arrêter un instant... mais seulement un (grand fou =fou= ) pour arrêter la dite voiture le temps que toutes les conditions soient remplies pour une sortie sans risque...

Parfois même, la moindre petite (que dis-je, minuscule) marche est sujette à autant de précautions, comme dans ce centre commercial, donnant sur un équivalent des Champs-Elysées. Bien que déjà signalé par des bandes au sol (et dieu sait à quel point les Japonais ont tendance à regarder leurs pieds en marchant =tss= ), il faut pourtant pas moins de deux personnes dévouées au signalement du danger dès qu'un client s'apprête à franchir la zone de non retour (regardez-bien le bras de l'employé de droite, et imaginez-le en train de dire "attention, il y a une marche")...

Souci du service? Tentative de plein-emploi? Peur de quelque chose? Mon coeur balance... Mais le Japon serait-il le même sans tout ça... =euh=