Il est temps de dire au-revoir à Kyôto aujourd'hui : direction la gare où Hikari nous attend. Hikari (lumière, en bon japonais), c'est le nom donné à l'un des modèles de Shinkansen, l'équivalent de notre TGV. A l'intérieur, l'équipement est relativement basique, mais la place disponible entre les rangées de sièges doit bien faire le double de ce dont on a l'habitude en France. Et je précise qu'on est bien en 2e classe...

On file donc vers Tôkyô (environ 2h de trajet) pour s'arrêter un peu avant, à Odawara pour être précis (ville désormais célèbre dans tous les esprits des étudiants de JAP201 cru 2005-2006 pour ses sasakamaboko... une spécialité à la mousse de poisson... que l'on ne prend finalement pas le risque de goûter!). Après avoir fouiné dans toute la gare à la recherche de consignes suffisamment grandes pour accueillir nos valises, on achète un free pass qui va nous permettre de voyager tranquillement dans toute la région de Hakone et par la même occasion de nous rapprocher un peu du mont Fuji...

On commence donc par un premier train, tout ce qu'il y a de plus banal, qui nous mène jusqu'à Hakone-Yumoto. De là, changement pour une micheline qui va déambuler sur le flanc de la montagne jusqu'à Gôra. Le paysage est très arboré, et la brume, le vent et le froid se font de plus en plus intenses à mesure que l'on grimpe. Arrivé à Gôra, le train duquel on descend attend pour embarquer une amusante petite troupe d'écolières chapeautées et en uniforme. =etudiant= Nous, on quitte le quai pour un autre afin d'emprunter un funiculaire. "La route est droite, mais la pente est forte" (comme diraient certains). L'ascension se termine aux pieds du Soun-zan, début d'un impressionnant parcours...

On se retrouve en effet tout seul dans un funiculaire qui va nous emmener jusqu'à la station d'Owakudani, au sommet de la montagne. On survole ainsi des arbres, des arbres, et encore des arbres (verts, à n'en point douter) tout en nous enfonçant petit à petit dans le brouillard. Au moment de franchir le col, la vue vire au jaune : si l'on omet le mur gris face à nous, c'est en effet à la verticale que nos yeux ont de quoi regarder, à savoir une zone aride et visiblement en travaux de laquelle s'échappent des vapeurs de soufre. Gasp, qu'on est haut... =honte=

Depuis Owakudani, il est possible de s'aventurer à pied sur des chemins de montagne au travers des sources chaudes soufrées. L'endroit est d'ailleurs célèbre pour ses oeufs noirs, cuits dans les dites sources. Des panneaux indiquent néanmoins qu'il faut éviter de trop s'attarder au beau milieu de toutes ces vapeurs. =hypnose= L'autre intérêt de ce point culminant, c'est qu'il est censé nous permettre d'avoir une bonne vue sur le Fuji, un peu plus au Nord. Mais étant donné la météo, ce n'est malheureusement pas la peine de s'attarder dans le coin (coin... comme diraient d'autres =donald= ). Pour redescendre de l'autre côté de la montagne, on peut normalement reprendre le téléphérique (depuis lequel on dispose d'une vue imprenable sur le Fuji... par temps clair), mais cette partie du trajet étant en travaux (oui, c'est notre jour de chance =mur= ), on se rabat sur un bus pour aller jusqu'au port de Tôgendai, où l'on change enfin pour un dernier bus qui nous dépose à deux pas de notre logement de ce soir : une guest house familiale dans la toute petite ville de Sengoku-hara.

L'extérieur ne paye pas de mine, d'autant plus qu'il commence à faire sombre, mais l'intérieur est très certainement typique d'une maison de campagne japonaise. En tout cas, la chambre est super agréable : tatami, futon au sol, fenêtres en papier coulissantes, et yukata (une sorte de peignoir) à disposition. La classe! =cool= Après avoir soufflé un petit instant, on part dans le "centre" à la recherche d'un restaurant. Celui qu'on avait repéré sur le plan fourni par la guest house est pratiquement introuvable (ou alors, je n'ose croire que ce qu'on a vu était un restaurant). En revenant sur nos pas, on finit par se décider pour un autre endroit, où je goûte de l'anguille pour la première fois : le résultat est plutôt sympa. Le serveur l'est tout autant : on discute avec lui, et tout heureux d'avoir des français parlant sa langue, il nous pose un petit drapeau sur la table (la glace à côté est fausse... on s'en serait douté, vu la couleur, mais ce détail mis à part, de près, on s'y croirait). Chose amusante lorsqu'on quitte les lieux : un musée/restaurant dédié au Petit Prince se trouve juste en face. Le style de la bâtisse est tout à fait surprenant pour un village japonais! =blink=

De retour à la guest house, on teste le onsen intérieur (pour ceux qui l'ignorent, un onsen est un bain alimenté par une source d'eau naturellement chaude, et dans notre cas, plus que chargée en minéraux). Il y en a aussi un à l'extérieur de la maison, mais j'aime tout autant éviter la pluie qui est en train de tomber et surtout les moustiques. Au final, l'eau s'avère moins chaude que je ne le pensais, mais la température restant constante, ça fait tout de même son petit effet, et c'est très relaxant. On part ensuite s'endormir sans peine, bercé par le bruit de la pluie et du vent, et agréablement accompagné par les ombres des bambous sur les fenêtres en papier... =zzz=

(Merci à Cora pour quelques-unes de ses photos ;) )