mardi 19 septembre 2006
Multi-transports, tacot compris...
Par Yatto, mardi 19 septembre 2006 à 23:00 :: Décalage horaire
. En valeureux gaijin ("étrangers" en japonais, pour ceux qui n'auraient pas encore tilté) que nous sommes, on file droit sur l'origine de ce vacarme auquel se sont entre temps mêlés des tentatives de trompettage et autres sonorités instrumentales : tandis qu'un orchestre (d'étudiants, à priori) est en train de s'échauffer sur scène, des garçons en uniforme crient et bougent selon le rythme insufflé par le leader aux éventails flanqués du hi no maru (littéralement "le rond du soleil", symbole du Japon). C'est qu'ils impressionnent, ces bougres!


On commence par prendre le train, puis une petite ligne privée qui nous dépose dans un quartier résidentiel très calme, au nord-ouest de la ville. Vous remarquerez en passant comment est indiqué le nord, sur le plan... Le reste du chemin se fait à pied, l'occasion de se marrer devant un étalage de fruits aux prix assez délirants pour nous mais tout à fait communs pour un Japonais : avec un taux de change à 150¥ pour 1€, ça nous fait 3,87€ le panier de pêches et 2,65€ celui de pommes!
On n'est pas tenté de goûter...



Tout ceci nous mène au temple Ryôan-ji et son célèbre jardin sec, fidèle à sa réputation : 15 pierres disposées en îlots, impossible à prendre entièrement en photo, surtout si l'on respecte les barrières et que l'on veut se passer de la présence des visiteurs sur le cliché. D'où un angle de vue quelque peu particulier... Aux abords du temple, on peut se promener dans d'assez jolis jardins pourvus de bien belles araignées, et faire le tour d'un étang recouvert de nénuphars, lieu de prédilection si vous voulez une fois de plus vous faire dévorer par les moustiques...

On prend ensuite le bus pour rejoindre le Kinkaku-ji, célèbre pavillon d'or, non loin de là. Encore plus impressionnant qu'en photos
, on peut le voir sous différents angles (mais jamais s'en approcher de trop près) en suivant un chemin qui préfère nous guider jusqu'à plusieurs petites boutiques de souvenirs. On peut par contre observer de plus près une sorte de pavillon de thé, tout droit sorti de ce qu'on a pu étudier dans le cours d'architecture.


De plus en plus à l'aise face aux plans et horaires des bus, on arrive sans aucun mal à retourner en ville pour visiter le château de Nijô. Aucune similitude avec celui d'Ôsaka : on est ici en présence d'une construction en bois avec pièces de tatami et panneaux en papier coulissants. Les photos sont interdites à l'intérieur, où un petit chemin de visite a été aménagé : on nous fait faire le tour du propriétaire en empruntant le parquet du rossignol (appelé ainsi car reproduisant le chant de l'oiseau au moindre pas, ceci afin de prévenir de l'arrivée de quelqu'un). Des mannequins sont disposés dans certaines pièces et un récit audio est diffusé pour commenter les scènes, ça et là. Le reste de l'enceinte du château contient de magnifiques jardins. En s'y promenant, on peut atteindre un point légèrement surélevé, permettant notamment d'apercevoir le sombre et fameux Hiei-zan, montagne située au nord-est de la ville, direction considérée comme néfaste à l'époque où Kyôto était la capitale du pays (sous le nom de Heian).



On termine la journée en rejoignant par le métro l'est de la ville, où l'on traîne un peu dans des boutiques de thé et de cartes postales (ces dernières étant plus que rares dans ce pays). On traverse brièvement la Kamo-gawa (un fleuve plutôt à sec) pour se retrouver dans le début du quartier de Gion (réputé, à l'époque, pour ses geisha). Comme il fait déjà bien nuit, on décide finalement de retourner de l'autre côté du pont et de manger dans un kaiten sushi. Pour ce qui est des sushi, vous aurez compris de quoi il s'agit. Kaiten désigne quant à lui un tapis roulant : les clients sont donc assis tout autour, et des cuisiniers au centre préparent les sushi qu'ils présentent par deux ou trois sur une petite assiette qu'ils insèrent au fur et à mesure de la place disponible sur le tapis. On est un peu dérouté au début, mais le cuistot face à nous se charge de nous guider. Mes voisins, eux, sont clairement des habitués du principe : ils empilent les assiettes à toute allure et demandent de temps à autre une préparation particulière au chef. L'addition se règle en sortant, le prix se calculant par rapport au nombre d'assiettes (120¥ par assiette, tarif improbable à Paris) et non selon le contenu.
Le retour à la guest-house se fait à pied. On est plutôt cassé mais ravi de ce qu'on a vu aujourd'hui.
"Les faces de tako en costard accostent les tocards de Lacoste en tacot"... Ce fut la pensée du jour...